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Jean-Luc Champetier, bénéficiaire du programme Atouts Création d’entreprise

Jean-Luc Champetier« LA CRÉATION D’ENTREPRISE RESSEMBLE À UN PARCOURS DU COMBATTANT »

À tout juste 25 ans, vous êtes, depuis janvier 2013, à la tête d’un cabinet de podo-orthèse, travail qui consiste à appareiller le pied, à Lagnieu, dans l’Ain. Votre rêve s’est donc réalisé ?
Jean-Luc Champetier : Oui, bien que je continue à “ramer”, j’y vois plus clair après onze mois d’exercice. Il y a eu des moments difficiles il y en aura d’autres, je m’attendais à cela, tout ne peut être rose dès le début.

Quel a été votre chemin avant d’ouvrir votre cabinet ?
JLC : Il y a deux écoles de podo-orthèse en France, une à Valence où j’ai suivi mes études et une à Paris. J’ai intégré un cabinet à Grenoble, pendant deux ans, ce qui m’a permis de parfaire mes connaissances et d’évoluer. Étant plutôt à l’aise, j’ai eu envie de monter mon propre cabinet ; je me suis donc renseigné sur un local situé à Lagnieu, ayant appris que ce type de prestation et de service était peu présent.

Pour ce faire, vous vous êtes tourné vers la Chambre de Métiers et de l’Artisanat ?
JLC : Oui, cela était indispensable car je devais faire un stage de formation d’une semaine, après avoir donné ma démission du cabinet de Grenoble, en septembre. Par la suite, je me suis occupé des papiers, du parcours NACRE.

Pouvez-vous m’en dire davantage sur cette formation, appelée PSI, Stage Préparatoire à l’Installation ?
JLC : Il fournit un grand nombre de renseignements sur les types de sociétés existantes (E.U.R.L., S.A.R.L… ), sur la création d’entreprise et ses différents aspects juridiques et fiscaux, sur les assurances et la comptabilité. Cela a été très formateur car ce n’est pas inné.

Vous étiez avec des personnes qui souhaitaient également créer leur société ?
JLC : Oui, avec des coiffeurs, des bouchers, des pâtissiers, des mécaniciens, qui allaient se mettre à leur compte.

Vous avez été accompagné dans le cadre du NACRE, Nouvel Accompagnement à la Création ou Reprise d’Entreprise. De quoi s’agit-il exactement ?
JLC : Le système NACRE est une aide très intéressante. Ne le connaissant pas initialement, j’ai été ravi de pouvoir en bénéficier, ayant moins de 26 ans. Il s’agit d’entretiens individuels, moins théoriques que le stage, où l’on se penche sur la façon de créer un dossier solide, de répertorier les besoins nécessaires à la création d’une entreprise, avant d’aller voir les financeurs et les banquiers.

Concernant la partie financière, vous avez bénéficié de prêts à taux zéro ?
JLC : Oui, je suis passé en Commission Nacre, pour obtenir un prêt d’honneur à taux zéro, d’un montant de 6000 €. J’ai fait la même démarche auprès du Réseau Initiative France à Saint-Vulbas et j’ai pu obtenir un second prêt à taux zéro d’un montant de 5000€.

D’autre part, vous aviez un prêt bancaire de 34 000 € ?
JLC : Oui mais j’ai abandonné partiellement le prêt bancaire, pour 10 000 € environ, ayant pu gérer l’investissement au mieux.

L’ensemble de ces conseils vous ont-ils été utiles ?
JLC : Oui car lorsque l’on démarre une activité, on se sent isolé. Là, on sait que l’on peut compter sur un interlocuteur, en cas de besoin. Par exemple, la Chambre de Métiers m’a apporté son aide pour monter un dossier concernant l’E.R.P., Établissement Recevant du Public, afin d’être en conformité avec les lois relatives à l’accessibilité. Nous avons reçu des livrets sur ce sujet.

Avez-vous bénéficié d’un suivi durant cette première année ?
JLC : Oui, il permet de faire le point sur les charges fixes, variables, le chiffre d’affaires, le plan de communication.

Est-ce que vous pensiez concrétiser votre projet professionnel aussi rapidement ?
JLC : En fait, cela a été plutôt l’inverse. Initialement, j’avais prévu moins de temps, je pensais m’installer au moins deux mois avant, ce qui n’a pas pu se faire compte tenu des nombreuses démarches à effectuer, des travaux du local, de l’immatriculation.

À quelles difficultés avez-vous été confronté ?
JLC : La partie administrative est pesante : l’ordre des procédures, les papiers à fournir, l’immatriculation. De manière générale, la création en elle-même est difficile, tout est à faire : le cabinet, l’investissement, le matériel, le fonds de commerce. On est un peu stressé tous les jours mais c’est le jeu.

Diriez-vous que la création d’entreprise est un parcours du combattant ?
JLC : Oui je trouve ce parcours compliqué, particulièrement en France, comparé aux États-Unis par exemple.

Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ?
JLC : Cela pousse à prendre des responsabilités nouvelles, surtout à mon âge. Comme passer en commission, rencontrer des banquiers. La réussite passe par l’organisation et la gestion de l’administratif.

Vous travaillez seul aujourd’hui, envisagez-vous d’embaucher ?
JLC : Pour le moment non, surtout lorsque l’on part d’une feuille blanche et dans un domaine où il faut du temps pour créer un réseau. Mais j’espère que ce sera le cas un jour. Ou créer une succursale ailleurs. Tout est possible.

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