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Bruno Grasset, bénéficiaire du programme Atouts Ressources Humaines

Bruno GrassetBRUNO GRASSET : “LE DIAGNOSTIC M’A OUVERT LES YEUX”

Le temps d’une interview avec Bruno Grasset aura suffi à percevoir bonté et sincérité chez ce chef d’entreprise, franchisé, de la société Axéo. Il y a six mois, il a fait appel à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat qui a déployé l’Atouts Ressources Humaines, pour résoudre un conflit. Son intervention s’est avérée être un bien pour un mal, puisqu’il a, maintenant, une vision globale de sa société.

Axéo, société de services d’aide à la personne, est un réseau de 140 agences franchisées en France. Pouvez-vous nous en dire plus sur la vôtre ?
Bruno Grasset : La franchise comprend, d’une part, Bruno Grasset Services, dédié aux particuliers, comptant une cinquantaine de salariés et Grasset B.M.V. destiné aux professionnels, avec seize employés. Dans cette même société, j’ai développé d’autres activités, à savoir, le courtage en travaux et l’événementiel. Nous sommes basés à Béligneux, dans l’Ain.

Comment avez-vous fait connaissance avec la Chambre de Métiers et de l’Artisanat?
BG : À l’occasion d’une réunion du cercle des entrepreneurs, le B.N.I., Business Network International, dont je fais partie, un interlocuteur de la Chambre de Métiers a présenté les services et les aides que celle-ci pouvait apporter. Je l’ai découverte à ce moment-là.

Pourquoi cette rencontre vous a-t-elle particulièrement intéressé ?
BG : Ayant rencontré des difficultés avec une de mes employées, je me suis tourné vers la Chambre de Métiers, en juillet 2013, puisqu’elle dispose d’un volet social et juridique.

Pouvez-vous nous en dire plus sur ce conflit ?
BG : Il s’agit d’une salariée embauchée en décembre 2012 chez Grasset B.M.V., à qui nous n’avons toujours pas réussi à faire signer son contrat de travail car elle se dit en désaccord avec les termes. Comme nous étions surbookés, nous avons laissé passer la période de deux mois et le contrat s’est alors transformé en C.D.I., à temps plein. Nous avons commis une erreur. Le conflit a commencé à ce moment-là. Nous lui avons fixé plusieurs rendez-vous pour qu’elle signe son contrat, l’avons convoquée à des réunions de travail, en vain. Des plaintes de clients et des avertissements lui ont été remis. Aucun dialogue n’a été possible.

Comment la Chambre de Métiers et de l’Artisanat vous a-t-elle prêté main-forte ?
BG : Nous lui avons adressé le contrat de travail afin qu’elle vérifie l’exactitude des clauses et les plages horaires. Or, je n’avais pas indiqué ces dernières et cela posait problème mais dans notre secteur d’activité, il est difficile de les fixer, les horaires changeant sans cesse en fonction des demandes de nos clients. Aujourd’hui, nous ne savons pas si nous partons ou non vers un licenciement. Nous risquons aussi d’aller aux prud’hommes.

Quelles autres actions a réalisé la Chambre de Métiers et de l’Artisanat concernant ce conflit ?
BG : Elle a réalisé une enquête sociale en questionnant six de mes collaborateurs, lors d’entretiens individuels de près d’une heure. Elle a sollicité la salariée en question, qui ne s’est pas déplacée. Elle m’a aidé à rédiger des courriers d’avertissements, à lancer la procédure administrative en bonne et due forme. À ce jour, j’attends le retour des avocats et de franchisés qui ont connu des expériences similaires. Elle a passé en revue tous les contrats de travail pour vérifier leur exactitude. C’est à cette occasion qu’elle m’a indiqué que les créneaux horaires étaient à préciser contractuellement. Une nouvelle version du contrat a été validée par nos avocats et nous procédons à des avenants, concernant les anciens contrats.

Vous a-t-elle fourni une autre aide ?
BG : Elle m’a remis des documents sur les plans de prévention, permettant de compléter nos procédures en la matière. Elle a réalisé un diagnostic social qui va me permettre d’appliquer des correctifs en 2014, sur mon management, mon organisation et pour franchir un nouveau cap. Nous sommes passés de la petite P.M.E. à une structure d’une soixantaine de personnes, cela va crescendo depuis cinq ans et nous avons des projets de développement, impliquant des réflexions stratégiques.

Que dit ce diagnostic ?
BG : Il comprend une dizaine de pages et mentionne que l’ambiance est bonne entre les salariés et le dirigeant. Cependant, il relève une lacune en matière de communication et un manque de réunions avec les intervenantes, qui sont, de par ce fait, livrées à elles-mêmes. Des réunions sont donc programmées, en janvier, pour les fédérer davantage à l’image de la société. La partie administrative est à 90% conforme aux attentes, concernant l’affichage, le règlement intérieur, les contrats, la transmission des fiches de paie, faite dans les temps. Il reste à améliorer quelques points, comme les plages horaires.

Avez-vous été satisfait de l’aide apportée ?
BG : L’intervention de la Chambre de Métiers a été extrêmement bénéfique. En partant d’une difficulté, nous avons pu profiter d’un diagnostic plus large qui est pour moi une vraie référence, un indispensable outil de travail. C’est enrichissant d’avoir un point de vue différent, le regard neuf de professionnels posé sur notre entreprise car nous avons le nez dans le guidon en permanence. Ce diagnostic m’a ouvert les yeux dans de nombreux domaines. Nous avons, par ailleurs, apprécié, que nos interlocuteurs se soient déplacés car notre planning était très chargé.

Êtes-vous toujours en contact avec elle ?
BG : Nous allons ensemble jusqu’au bout. Je la tiens informée de mes démarches et lui demande son avis. Si pour une raison ou une autre, il est trop risqué pour l’entreprise de licencier l’employée, je réfléchirai et tenterai de trouver d’autres solutions. Maintenant que le lien est tissé, je ferai appel à la Chambre de Métiers plus souvent, sachant toutes les compétences dont elle dispose, dont j’ignorais jusqu’alors l’existence. C’est un vivier de connaissances, un apport de réflexions, qui, pour nous, chefs d’entreprise, est un véritable soutien, d’autant que les lois et le personnel changent et que la conjoncture est difficile.

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