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Mathilde Rittaud, bénéficiaire du programme Atouts Développement commercial

Mathilde RittaudMATHILDE RITTAUD : “NOUS SOMMES À LA RECHERCHE D’UNE IDENTITÉ”

Véritable institution, la boucherie Rittaud rayonne bien au-delà de Fourneaux. Début 2013, sa dirigeante, Mathilde Rittaud, également trésorière de l’Union commerciale du canton de Modane, s’est lancée dans le dispositif Atouts développement commercial car pour faire tourner sa petite entreprise de huit salariés, elle se doit d’être toujours à la page.

 

Vous êtes l’unique boucherie de Fourneaux, village de 800 habitants, situé en vallée de montagne ?
Mathilde Rittaud : Oui mais vingt mètres plus loin, on est à Modane, commune de 3500 habitants, pourvue, elle aussi, d’une boucherie. Bien que nous soyons connus depuis trois générations, les clients attendent de la nouveauté. Nous avons un côté traditionnel mais on se doit d’être attractifs.

Effectivement vous semblez bénéficier d’une belle notoriété alors quelles sont les raisons qui vous ont poussés à vous tourner vers la Chambre de Métiers et de l’Artisanat ?
MR : Avec mon mari, nous avons repris l’entreprise il y a dix ans, qui c’est vrai, tourne bien mais dans le commerce rien n’est jamais acquis. Nous essayons toujours d’aller de l’avant, nous sommes attentifs, nous nous remettons en question et faisons des formations régulièrement.

Y a-t-il eu un élément déclencheur ?
MR : Il y a trois ans, nous avons déplacé le magasin d’une cinquantaine de mètres et avons triplé la surface de la boucherie. Nous savions que l’on jouait gros, c’était un défi. Chaque génération apporte sa pierre à l’édifice, en somme. En reprenant un ancien magasin de sport, nous avons la chance d’avoir maintenant dix sept mètres de devanture mais dans notre secteur si nous savons faire de belles vitrines réfrigérées de viande, nous avions, en revanche, besoin de conseils pour présenter la vitrine.

C’est à ce moment-là que vous avez fait appel à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat?
MR : Nous avons profité d’une opération de modernisation du commerce, lancée conjointement avec le syndicat du pays de Maurienne et la Chambre de Métiers de Savoie.

Qu’est-ce qui vous a plu dans l’énoncé du dispositif Atouts développement commercial ?
MR : La formation prévoyait de nous aider à nous différencier d’une concurrence grandissante, à mieux communiquer sur notre offre pour déclencher l’achat, à améliorer l’attractivité de notre point de vente et de faire intervenir un expert du merchandising afin de travailler sur la mise en scène de notre commerce. Tous ces aspects nous intéressaient.

Qu’avez-vous appris ?
MR : Des éléments de base liés notamment à la propreté des vitres, à la mise en scène des produits pour laquelle il y a des règles : pas plus de trois couleurs dans la vitrine, mettre un produit d’appel en haut à droite, soigner l’éclairage, bien que sur ce point nous n’ayons pas encore totalement trouvé la solution.

Quels sont les changements que vous allez ou que vous avez opérés ?
MR : Nous allons changer notre enseigne. Elle sera plus lumineuse ce qui nous rendra plus visibles. Nous sommes à la recherche d’un logo et d’un thème couleur, d’une identité.
Le rayon d’épicerie fine, créé au moment de l’extension de la boucherie, tourne peu et l’on souhaiterait qu’il prenne de l’essor. Nous avons donc travaillé sur la disposition des produits et sur l’étiquetage, pour que chaque catégorie de produits dans ce rayon et dans la cave à vins, soit différenciée. Nous faisons maintenant un planning qui permet d’anticiper les changements de vitrine. Nous mettons en place une communication cohérente, à tous les niveaux, que ce soient des partenariats avec des associations locales, des parutions dans les journaux, la mise à jour du site internet.

Quels sont les avantages d’une telle formation ?
MR : Elle nous permet de nous poser, de prendre du recul, de dire ce qui ne va pas, de réfléchir sérieusement à l’image que l’on veut véhiculer. Le formateur nous a ouvert beaucoup de portes, notamment sur ce que l’on ne devait pas faire.

Par exemple ?
MR : Changer de nom. Notre enseigne ne portera jamais le nom de “boucherie du centre ville”. Nous avons compris que nous devions garder le nom de Rittaud.

Quel a été le coût de cette formation ?
MR : Elle a été très abordable grâce au financement de la région Rhône Alpes, pourtant nous n’étions qu’une dizaine. Nous allons poursuivre avec Atouts numérique en janvier, pour renforcer notre site internet et notre présence sur les réseaux sociaux. Notre première formation avec la Chambre de Métiers a d’ailleurs porté sur la création d’un site internet, il y a deux ans. C’est une vitrine supplémentaire qui peut être déclencheur d’achats surtout en période de fêtes.

Combien de temps a-t-elle duré ?
MR : Il y a eu deux jours de formation collective, pour la partie théorique, à St-Jean- de-Maurienne, au mois de juin, à quinze jours d’intervalle. Cette proximité est très appréciable. Elle s’est poursuivie avec douze heures de formation individuelle faite par un intervenant qui s’est déplacé dans le magasin et a tenu le rôle du client.

Vous arrivez à tirer votre épingle du jeu malgré le contexte économique peu propice ?
MR : Oui, nous observons une progression depuis trois ans, elle est de 10% cette année mais nous travaillons beaucoup, nous avons créé un parking, nous sommes à l’écoute des clients.

La chambre de Métiers et de l’Artisanat a t-elle répondu à vos attentes ?
MR : Oui, complètement. Elle est dans son rôle de proposition de formations.

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