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Sylvie Michelin, bénéficiaire du programme Atouts Stratégie

Sylvie Michelin

SYLVIE MICHELIN : “ATOUTS STRATÉGIE PERMET DE FAIRE SES PREMIERS PAS SANS PEUR”

En rachetant l’entreprise de plomberie Strano en mai 2012, Sylvie Michelin a su tirer son épingle du jeu. La société, devenue R.S.A.P. Corporation, basée à Brié et Angonnes près de Grenoble, s’est fait une place au soleil, comme sa dirigeante d’ailleurs mais le chemin pour y parvenir n’a pas été un long fleuve tranquille. C’est une femme loquace, active, affichant un optimisme certain, que nous interrogeons sur le dispositif dont elle a bénéficié, Atouts Stratégie, en janvier 2013, un programme de six jours.

Quel a été votre parcours avec la Chambre de Métiers et de l’Artisanat ?
Sylvie Michelin : En premier lieu, j’ai effectué un stage en tant que gérante d’entreprise au sein de la Chambre de Métiers, qui est obligatoire lorsque l’on reprend une société. Afin de compléter cette formation, elle m’a proposé de suivre, par la suite, le programme Atouts Stratégie.

En quoi vous a-t-il été utile ?
SM : L’un des points intéressants a été de pouvoir échanger avec plusieurs chefs d’entreprise, de secteurs et aux volumes d’activité variés, d’appréhender leurs soucis qui pourraient être, un jour, les nôtres. J’ai pu également apporter mes connaissances en la matière car mon mari et moi-même gérons une seconde société de climatisation depuis vingt ans.
Le formateur nous a fait bénéficier des retours qu’il avait eus, après avoir accompagné des repreneurs ; il nous a transmis un fil conducteur pour nous permettre de faire correctement nos démarches. Nous avons abordé les thèmes de la clientèle, de la communication, du recrutement, de la gestion et des finances, entre autres. Puis, il y a eu un accompagnement effectué par un intervenant, d’une durée de trois jours, dans l’entreprise même : nous avons pu envisager des solutions à nos problématiques concrètes.

L’objectif était de définir un plan d’action, une stratégie adaptée à la situation de chacun. Il semble avoir été positif ?
SM : Oui, ce programme a été une véritable réussite. Me concernant, la question était de savoir à quel moment je devais embaucher un deuxième salarié afin de réaliser un chiffre d’affaires égal à celui du précédent gérant, en tenant compte des prévisions de commandes et de la trésorerie disponible. À ce jour, un salarié supplémentaire et un apprenti ont été embauchés. Je me questionnais aussi sur la manière de développer ma clientèle, si je devais ou non investir dans la publicité. Le formateur a tout à fait répondu à mes attentes, il a été à l’écoute dans un moment où je me sentais seule au monde.

D’après vos propos, on peut en conclure que la Chambre de Métiers et de l’Artisanat a été à la hauteur de vos espérances ?
SM : Sans elle, peut-être aurais-je baissé les bras. Seuls, le chemin est difficile, car nous avons à maîtriser autant la partie administrative que la partie commerciale. Il faut aussi préciser que j’ai remporté le Concours des Millésimes dans la catégorie Repreneur, qu’elle avait organisé, entraînant un passage sur TéléGrenoble, des articles dans les journaux dont le Dauphiné Libéré, qui a, par la suite, réalisé un portrait de six femmes qui font bouger la Région, dont je fais partie.

Vous avez aujourd’hui une vision plus claire de l’avenir ?
SM : Il reste compliqué car la crise que nous traversons est forte. Cependant, la Chambre de Métiers ne nous abandonne pas et nous propose régulièrement des formations sur tout type de sujet, elle reste à l’écoute des problèmes que l’on peut rencontrer, pour beaucoup cela porte sur les démarches administratives. On ne se sent pas jugés. C’est un véritable accompagnement.

Sans la crise économique actuelle, vous seriez-vous tournée vers la Chambre de Métiers et de l’Artisanat ?
SM : En fait, R.S.A.P. a été créée pour devenir le sous-traitant de notre première société qui connaissait des difficultés en 2009. Deux ans plus tard, mes fournisseurs m’ont communiqué le nom d’une personne partant à la retraite et vendant sa structure de plomberie. Je me suis donc lancée dans cette aventure globalement à cause de la crise car je me suis aperçue que les gens qui s’en sortent sont des gens multicartes.

En résumé, qu’avez-vous appris du programme Atouts Stratégie ?
SM : Comment effectuer les premiers pas, sans peur. Le vrai plus, c’est la personne qui se déplace au sein de votre entreprise, qui détecte toutes sortes de problématiques, de lacunes, en ayant le regard extérieur et objectif d’un client lambda. Avec un coût loin d’être excessif. Le consultant, par exemple, m’a aidée à être vigilante sur la lecture des C.V., comme s’assurer des heures de disponibilité d’un candidat.

Justement vous parlez du coût, ce dispositif était-il payant ?
SM : Il est resté à ma charge la somme de 830€ T.T.C., un montant tout à fait correct par rapport au contenu.

En tant que femme dans un milieu d’hommes, vous semblez avoir réussi à vous imposer ?
SM : Je me bats tous les jours, mes compétences sont remises en cause constamment. Mes concurrents pensent qu’ils pourront l’emporter facilement. Lorsque que l’on traite avec des partenaires, comme les architectes, il faut être crédible ; ainsi la technique est assurée par mes collaborateurs, moi j’apporte la touche féminine quant aux conseils pratiques, esthétiques et en ce qui concerne la gestion. Sur un chantier, certains se questionnent sur ma présence mais j’ai du caractère et je ne me laisse pas marcher sur les pieds.
Lors de la première étape, la plateforme d’initiatives locales ne m’a pas accordé le prêt d’honneur de 5 000 euros, mentionnant que ma place serait davantage dans un salon de massage que dans le bâtiment. Ça partait mal ! Ce qui n’a pas été le cas avec les banquiers, les fournisseurs de matériaux, parce qu’ils me connaissaient.

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