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Vincent Gachet, bénéficiaire du programme Atouts Développement Durable

Vincent Gachet

LA BRASSERIE MANDRIN À L’HEURE DES ÉCONOMIES D’ÉNERGIE MAIS PAS AU RÉGIME SEC

La Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Isère a plus d’une autre corde à son arc, dont le développement durable. Vincent Gachet, à la tête de la Brasserie du Dauphiné, à Grenoble, a bénéficié d’un soutien de la CMA Isère dans ce cadre car, si ses bières artisanales font fureur, elles méritaient un petit coup de pouce.

Vous êtes gérant de la Brasserie du Dauphiné, créée en 2002, à Saint-Martin-d’Hères. Vous avez embauché quatre salariés. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre structure ?
Vincent Gachet : Notre activité porte sur la fabrication et la commercialisation de bières artisanales à la noix, au réglisse, au sapin, au miel, aux plantes de la Chartreuse, au chanvre, sous la marque Mandrin.

En 2010, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat vous a proposé un pré- diagnostic environnement, dans le cadre du dispositif développement durable. Comment a-t-il été élaboré ?
VG : La CMA Isère a calculé la quantité d’énergie en électricité/gaz, utilisée par litre de bière produite et son coût correspondant aux tarifs de l’époque. Elle a estimé la répartition des consommations d’énergie en fonction des appareillages, des utilisations et évalué les caractéristiques des machines. Cela a donné lieu à des préconisations sur le groupe froid, le chauffage, la climatisation et l’éclairage. Sa conclusion a été de faire appel à un bureau d’études afin de quantifier plus précisément les consommations par poste et de calculer le retour sur investissement.

Avez-vous fait appel à un bureau d’études suite à ces préconisations ?
VG : Non car cela était trop onéreux. J’ai préféré poursuivre avec la CMA Isère.

Parmi les préconisations, quelles sont celles que vous avez déjà mises en place ?
VG : J’ai changé des luminaires qui consommaient beaucoup en optant pour des tubes fluorescents T5 et des ballasts électroniques. J’ai remplacé les ampoules à vapeur de mercure de 250 watts par des ampoules à vapeur de sodium haute pression de 200 watts et mis en place un détecteur de présence dans les sanitaires. Concernant la sécurité, le document unique a été mis à jour et il insiste sur la signalétique d’équipements individuels de protection.

Quels ont été les freins pour la mise en place des autres préconisations ?
VG : Nous n’avons pas installé de panneaux solaires photovoltaïques car des prestataires de services ont indiqué que la toiture était mal orientée.
L’étude d’isolation du bâtiment a été faite mais je n’ai pas trouvé de solution économiquement viable, pour l’instant. De même, je n’ai pas trouvé de fournisseur proposant un devis satisfaisant pour l’installation d’un puits de lumière, ni de société pour réaliser une étude portant sur les groupes froid.
D’autres points sont encore à examiner : l’impact sur le voisinage, ainsi que la gestion de l’eau, de l’air et du bruit.
Concernant la loi du 19 juillet 1976 sur les installations classées pour la Protection de l’Environnement, la CMA Isère m’a confirmé que je n’étais pas soumis à déclaration et autorisation, étant donné les volumes produits.
Elle a aussi fait un point sur le tri et les déchets, en identifiant 2 m3 de drêche et 1 m3 de cartons et plastiques par semaine. Quant aux déchets dangereux nous n’en n’avons pas.

Vous souvenez-vous quelle a été la durée du diagnostic ?
VG : Il s’est déroulé du 6 au 19 octobre 2010. Avec la CMA Isère, nous avons échangé plusieurs heures à ce sujet et un conseiller est venu dans l’entreprise.

Quel était pour vous l’objectif premier de ce diagnostic ?
VG : Il était de réaliser des économies d’énergie car nous sommes très mal isolés et confrontés à des déperditions de chaleur. Il faisait un froid extrême, dont certains salariés se plaignaient, dans la zone de mise en bouteilles. En termes de chauffage, un important aérotherme gaz, dans la salle de brassage, consommait énormément pour maintenir une température acceptable. Cette année, j’ai donc séparé par des vitrines, le point de vente de la salle de production, afin de climatiser distinctement les deux.

La Chambre de Métiers et de l’Artisanat a-t-elle répondu à vos attentes ?
VG : Oui. L’idéal serait maintenant de faire faire un diagnostic complet. Mais, nous avons tout de même réalisé des économies et rationalisé. En effet, avec l’augmentation du nombre d’employés et du volume de production, les coûts d’énergie consommée ont très peu augmenté.
Des choses lourdes restent à étudier, dont 320 m² de toiture à isoler. Il y a toutefois un frein financier, car en 2013 j’ai déjà réalisé 100 000 € de travaux, portant sur les bâtiments et la production.

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